15/02/2026

Après plus de deux ans de construction, Gitana 18 laisse place au Maxi Edmond de Rothschild. Début décembre, le concept architectural très audacieux de ce nouveau maxi-trimaran volant était dévoilé de manière spectaculaire par Ariane de Rothschild. Ce samedi, la mise à l’eau marque la fin d’un cycle et amorce le début de la vie maritime de ce géant de 32 mètres. Comme un signe, ce 14 février, la pluie et le vent ont cessé et la météo a ainsi offert une accalmie de quelques heures à l’équipe aux cinq flèches pour permettre au Maxi Edmond de Rothschild de rejoindre son élément. Les amoureux de voile et de course au large étaient présents en nombre pour saluer l’arrivée de ce nouveau grand multicoque océanique, le premier de la 2e génération des Ultim volants.

Un moment partagé et riche en émotions
En décembre, le rideau se levait enfin sur Gitana 18, en présence de ses armatrices et à l’occasion d’une soirée de révélation à la hauteur du nouveau maxi-trimaran volant de 32 mètres. Un moment rare et particulièrement attendu car, c’est dans le plus grand secret que le géant au design audacieux avait été imaginé et conçu depuis janvier 2024.
Ce samedi, sous les yeux de tous, le Maxi Edmond de Rothschild s’est avancé et s’est frayé un chemin à travers les bâtiments de Lorient La Base pour être finalement mis à l’eau en milieu d’après-midi. Toutes les équipes de Gitana souhaitaient que cette opération technique se déroule un samedi afin de permettre au plus grand nombre de passionnés de pouvoir être présent et de vivre ce moment. Le 14 février avait ainsi été posé de longue date. Mais encore fallait-il que les conditions météorologiques soient réunies. L’enjeu de la journée étant de permettre les manutentions toujours très spectaculaires de mise à l’eau d’une plateforme de 32 mètres de long pour 23 mètres de large, suivi du grutage d’un mât de plus de 36 mètres.
« Les planètes étaient alignées aujourd’hui et tout s’est parfaitement déroulé ! Le créneau météo était un peu inespéré mais il nous a permis de réaliser l’opération de mise à l’eau de la plateforme puis de mâtage du bateau dans la foulée » , confiait l’heureux skipper à l’issue de la journée. Charles Caudrelier et les membres de l’équipe technique du Gitana ont ainsi pu profiter de quelques heures d’accalmie sous un ciel breton parsemé mais surtout d’un vent medium à faible, plutôt rare ces dernières semaines au milieu des trains de dépressions qui se succèdent et balayent sans relâche la pointe bretonne !

Place aux tests et à la mise au point
Gitana 18 est désormais amarré au ponton de son port d’attache mais il faudra encore patienter quelques jours avant de voir le Maxi Edmond de Rothschild larguer les amarres et tirer ses premiers bords au large de Lorient.
L’architecture du bateau et la dimension des appendices très innovants et hors-normes de Gitana 18 réclament que l’équipe technique installe un certain nombre de pièces une fois le Maxi à l’eau. C’est pourquoi, à l’ouverture des portes du hangar ce matin, seuls les safrans de flotteurs étaient visibles. Mais déjà, ces appendices en U au style si singulier ne manquaient pas d’attirer l’œil et de soulever des questions. Rapidement ils seront rejoints par le safran central, qui est rappelons-le relevable, et la dérive.
Concernant cet appendice majeur positionné au milieu de la coque centrale et doté d’une aile de raie en métal de 3 mètres d’envergure, les membres du Gitana Team avaient choisi de réserver une dernière surprise pour la mise à l’eau. En effet, à l’image de la quille d’un monocoque IMOCA, la dérive du Maxi Edmond de Rothschild sera basculante mais fixe en hauteur. Une dernière nouveauté très innovante qui explique l’obligation d’être positionnée une fois le bateau à l’eau.
Les foils pendulaires en Y dotés d’une aile de plus de 5 mètres d’envergure seront quant à eux installés plus tard, une fois la première période de tests achevée. Dès la semaine prochaine, des tests statiques, que subit chaque nouvelle unité à sa sortie de chantier de construction seront en effet réalisés au ponton. 
L’histoire ne fait donc que commencer. C’est un travail de longue haleine qui attend désormais Charles Caudrelier et les membres du Gitana Team : celui de la délicate mise au point d’un prototype sophistiqué et exigeant. La montée en puissance se déroulera tout au long des huit prochains mois avec un objectif clair et assumé : être fin prêt le 1er novembre prochain à St Malo pour défendre le titre de l’équipe sur la Route du Rhum – Destination Guadeloupe. 

Les innovations de GITANA 18 à la loupe
A l’image de son prédécesseur, le Maxi Edmond de Rothschild a pour ambition de franchir un nouveau cap, cette fois en passant du mode hybride au 100 % volant, et d’être à l’avant-garde d’une nouvelle génération de grands trimarans océaniques encore plus performants. Pour y parvenir, il fallait oser défricher, imaginer de nouveaux concepts, tester des solutions novatrices. Les appendices de Gitana 18 marquent une rupture spectaculaire dans de nombreux domaines. 

Des foils en Y escamotables et réglables en trois dimensions
Inspirés des appendices des monocoques volants de l’America’s Cup, ces foils en Y dotés d’une aile de plus de 5 mètres d’envergure, ont été pensés pour générer une forte sustentation, gagner en puissance et autoriser de nombreux réglages pour optimiser le vol à toutes les allures et dans toutes les conditions. 

Des safrans révolutionnaires, dont la géométrie en U a été pensée pour résister à la cavitation.

La dérive de la coque centrale et son plan porteur de grande envergure en métal, sont en rupture par rapport à tout ce qui a été conçu précédemment sur ce type de bateau. En effet, celle-ci sera basculante et fixe en hauteur à l’image d’une quille de monocoque. 

Le gréement du Maxi Edmond de Rothschild se démarque lui aussi par la présence de barres de flèche réglables en dynamique, permettant de cintrer le mât pour modifier la puissance de la grand-voile en navigation : du jamais vu à cette échelle.

Le cockpit et le roof ont été intégrés structurellement à la coque centrale pour lui assurer une raideur maximale : un concept et une mise en œuvre signés Gitana.
Sur le papier, à l’aune des milliers de tests réalisés en simulateur, le nouveau Maxi Edmond de Rothschild coche toutes les cases et 10 à 15 % de gain de vitesse sont espérés. Reste désormais à prendre en main et à apprivoiser cette créature extra-marine en conditions réelles.

Un travail d’orfèvre au service du vol en haute mer
De sa conception à sa construction, le nouveau Maxi Edmond de Rothschild est le fruit de l’intelligence et de l’expertise d’un collectif. Des centaines de spécialistes ont été amenés à collaborer pour donner naissance à ce grand trimaran de course au large sensationnel.

- 200 000 heures de construction
- 50 000 heures d’études
- 80 % de la plateforme fabriquée en autoclave
- 36 mois de gestation
- plus de 200 personnes impliqués dans le projet Gitana 18

Fiche d’identification du Maxi Edmond de Rothschild
- Longueur : 32 mètres
- Largeur : 23 mètres
- Filets : 170 m2
- Surface des bâches aérodynamique : 73 m2
- Surface au sol zone de manœuvre cockpit : 9 m2
- Surface au sol de la zone de vie : 4,8 m2
- Déplacement : 19,5 tonnes
- Nombres d’appendices : 6
- Hauteur des safrans de flotteur : 4 mètres
- Envergure des foils : 10,4 mètres
- Longueur du bulbe de foil : 2,4 mètres
- Surface de voilure au près : 450 m2
- Surface de voilure au portant : 630 m2
- Tirant d’air : 38,4m
- Câbles électriques : 8km
- Nombre de capteurs : 500
- Surface totale décorée (coques et voiles) : 2 000 m2

Ce nouveau Maxi Edmond de Rothschild est le vingt-huitième bateau de cette saga maritime légendaire, qui fêtera dans quelques semaines ses 150 ans.